lundi 17 décembre 2007

Prohom - Ca oublie d'aimer

Et encore une musique, parce qu'il y en as pas mal que j'aime en ce moment...

Ca naît sous un plafond, un ciel stérilisé,
Ca palpite au début, ça va vite se calmer,
Ca rampe sur la moquette, se cogne à la télé,
Ca se frotte la tête et reste hypnotisé.
Ca apprend à l'école que l'ennemi c'est l'étranger,
Ca s'aggripe à des grappes d'abrutis concentrés.
Ca défile dans la rue le soir bien habillé,
Ca brille un peu au hasard ;

Mais ça oublie d'aimer. Et sa oublie d'aimer.
Et sa oublie d'aimer. Et sa oublie d'aimer.

Ca court après les filles sans culottes l'été,
Ca se laisse raser la tête à l'appel de l'armée.
Ca fait un BTS :"Je veux commercialiser",
Ca téléphone en voiture parfois par pour de vrai,
Ca trouve un ventre et des seins à remplir dans l'année,
Ca fait plaisir aux parents, à un oncle ou curé.
Ca glisse une bague au doigt, la femme est dix fois trompée,
Ca sera pour toujours, mais ça oublie d'aimer.

Alors...
Ca divorce après deux ans même si l'enfant est né,
Ca reste indifférent, la mère va l'éduquer,
Ca continue à bosser, toujours bosser,
Ca empile de la tune quand le chance est passée,
Ca commence à comprendre que le temps n'attend pas,
Ca flétrit comme la viande achée dans les repas,
Ca mange des remords, et renvois des regrets,
Ca s'écroule sur la table.

Et ça oublie d'aimer. Et sa oublie d'aimer.
Et sa oublie d'aimer. Et sa oublie d'aimer.
Et sa oublie d'aimer. Et sa oublie d'aimer.
Et sa oublie d'aimer, d'aimer, d'aimer. Et sa oublie d'aimer...

Bien sûr il nous faudrait se plier en 4 pour,
Eviter les excés que l'on trouve aux détours,
Des villes et des cités, celles qui le même jour,
Peuvent jeter à nos pieds toute la haine, tout l'amour.
En plus il nous faudrait, pardonner pour les autres,
Fabriquer leur paix comme un lego d'apôtre,
Il faudrait tout porter, leurs affaires et les nôtres,
Martyrs et fiers d'aimer marchant la tête haute
Mais ça oublie...

D'aimer.

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